La villa

MME FURTADO-HEINE (Annuaire des officiers, 1896)

L'année 1896 a vu disparaître une femme de bien qu'on avait eu raison d'appeler : la grande bienfaitrice. Son nom était devenu synonyme de charité.
On sait, en effet, avec quelle intelligente générosité Mme Furtado-Heine continuait les nobles traditions qu'elle avait recueillies dans la famille de son père.
Lorsque, au mois de juillet 1887, le Journal Officiel annonçait sa nomination dans l'Ordre National de la Légion d'honneur, il appréciait ainsi ses œuvres.
"Mme Furtado-Heine s'est signalée par des œuvres charitables de la plus haute importance ; a notamment fondé à Paris un dispensaire modèle, où chaque année des milliers d'enfants malades sont recueillis et soignés gratuitement; a également fait preuve de dévouement pendant la guerre de 1870-1871, en organisant une ambulance à Paris et venant au secours de nos soldats internés ou prisonniers."
Mme Furtado-Heine ne voulut jamais revenir en Allemagne, notamment à Hambourg, où elle possédait pourtant une magnifique propriété.

On se souvient qu'elle reçut, au mois de juin 1896, les insignes d'officier de la Légion d'honneur, à l'inauguration d'une crèche fondée par elle au Petit-Montrouge, et le ministre, chargé de lui remettre cette juste récompense, rappelait, en termes émus, la sollicitude qu'elle n'avait cessé de témoigner aux déshérités, ajoutant qu'il était particulièrement heureux d'apporter le témoignage de la reconnaissance du gouvernement à une femme dont l'existence tout entière avait été employée à faire le bien, de la façon la plus intelligente et avec le plus grand cœur. On aurait pu ajouter "avec la plus grande discrétion". En effet, si elle donnait largement à ceux qui peuvent le moins demander, aux enfants, aux malades, aux aveugles, - pour lesquels elle a installé une école professionnelle - , Mme Furtado-Heine donnait en secret, et l'on n'a jamais su positivement ce que lui coûtaient ses donations. Elle avait constituée dans une forte proportion à l'établissement de l'Institut Pasteur, où son buste a été placé dans la galerie des souscripteurs qui ont créé la maison.
Au Croisic, elle a fait construire, sur le modèle de l'établissement de Berck-sur-Mer, un asile pour les enfants sans famille.
Pendant l'expédition de Madagascar, elle fit don au ministre de la guerre de sa somptueuse villa de Nice, destinée à recevoir les officiers convalescents; elle lui assignait, en outre, un revenu annuel de 60 000 francs. Ayant appris que, par suite d'une organisation défectueuse, les officiers ne trouvaient pas au sanatorium de Nice les conditions d'existence qu'elle avait voulu assurer, elle augmenta aussitôt le montant de la subvention.

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VILLA DES OFFICIERS - FURTADO HEINE - 121 rue de france - 06 000 NICE - Tel. 04 93 37 51 00